Scénario Éco - Érosion des facteurs de résilience
Retrouvez dans le dernier Scénario Éco, publié par les économistes du groupe Société Générale, les prévisions économiques trimestrielles pour l'ensemble des grandes économies développées et émergentes.

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Scénario Éco - Société Générale
Michala Marcussen, Chef Economiste du groupe Société Générale
Mars 2026
Érosion des facteurs de résilience
L’économie mondiale pourrait‑elle se remettre rapidement de la crise énergétique actuelle ?
L’annonce, au printemps dernier, des nouveaux tarifs douaniers par le président Trump a ébranlé les marchés financiers mondiaux. Lorsque les détails ont finalement été publiés, les tarifs effectivement appliqués se sont révélés nettement inférieurs à ceux initialement annoncés.
Dans le même temps, plusieurs vents favorables ont émergé : l’essor de l’investissement dans l’IA, la baisse des prix de l’énergie et certaines mesures d’assouplissement budgétaire. Ensemble, ces facteurs ont soutenu la résilience de l’économie mondiale, renforcé la confiance des marchés financiers et stimulé les prix des actifs – ce qui a favorisé une dynamique supplémentaire de résilience dans l’économie réelle.
Cela amène à se poser la question suivante : l’économie mondiale pourrait‑elle faire preuve du même degré de résilience si une paix tant espérée venait à survenir au Moyen‑Orient ? Selon nous, un scénario similaire semble beaucoup moins probable en 2026.
En quoi le choc économique actuel diffère‑t‑il de celui de 2025 ?
La menace de nouveaux tarifs crée un choc d’incertitude mais ne génère aucun coût initial direct, hormis la constitution de stocks en amont d’une éventuelle mise en œuvre. Le conflit actuel lui, entraîne non seulement des souffrances humaines bien réelles, mais aussi des coûts immédiats et significatifs pour l’économie. Qu’il s’agisse de la hausse des coûts énergétiques, des risques concrets de pénuries d’approvisionnement, des menaces sur la disponibilité des engrais nécessaires à la production alimentaire, des dommages aux infrastructures critiques, sans oublier les pertes d’activité, autant d’éléments qui seront difficiles à rattraper. Même une fois un cessez‑le‑feu conclu, il faudra du temps pour rétablir la confiance.
Un autre point essentiel est que la résilience économique observée en 2025 montrait déjà des signes d’essoufflement avant même le déclenchement du conflit au Moyen‑Orient. La création d’emplois avait quasiment stagné aux États‑Unis et des inquiétudes commençaient à émerger concernant les entreprises susceptibles d’être pénalisées par l’IA. Les secousses sur les marchés de la dette privée ont contribué aux vents contraires, entrainant des rachats et un resserrement des conditions de liquidité.
Les espoirs du marché d’assister à de nouvelles baisses de taux d’intérêt de la part des principales banques centrales se sont d’ailleurs atténués, en raison de la remontée des prix de l’énergie.
Y a‑t‑il une possibilité de surprise positive en 2026 ?
Pour créer des surprises positives, il faut d’abord rétablir la confiance. Une bonne politique économique peut y contribuer de façon puissante. Pour ce qui est de l’Europe, les actions prioritaires ont clairement été identifiées dans de nombreux rapports – en particulier dans le rapport Draghi sur la compétitivité. L’enjeu désormais est de les mettre en œuvre.
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